Les auteurs ont la parole...
Lou d’ESTERNY

Danseuse classique et musicienne, Lou d’Esterny est aussi une écrivaine de talent. Son premier roman L’étrangère occidentale, paru en 2015, a été récompensé par le prix du roman historique lors de la remise des prix littéraires LEA 2016. Lou a accepté de répondre à mes questions.

Bonjour Lou,

Je tiens tout d’abord à vous remercie d’avoir accepté de répondre à mes questions.

Comment vous est venue l’envie d’écrire ?

Aussi loin que je m’en souvienne, je devais avoir neuf ou dix ans, les poèmes de Ronsard, Lamartine, La Fontaine ou encore Hugo, découverts à l’école primaire, m’ont profondément marqués. À travers ces poètes, je découvrais émerveillée la richesse de langue française et le pouvoir des mots. Cette période de l’enfance propice à l’imaginaire a certainement été déterminante. Vers l’âge de vingt cinq ans, je me suis essayé à l’écriture de poèmes en prose … Je sentais alors mûrir en moi cette envie d’écrire. Ce n’est qu’en 2013 que je décidais de mettre ma plume au service de l’écriture. L’idée d’une histoire a germé, je me suis mise à la table et, deux jours plus tard, j’avais noirci une quinzaine de pages. Sans que je sois capable d’en expliquer le processus, une fiction était en train de naître …

Que préférez-vous dans votre activité d’auteure : avant, pendant, après l’écriture ?

Chaque moment correspond à des étapes très particulières et assez distinctes.
L’« avant » est excitant et crucial, c’est le temps de la recherche d’un thème qui suscite votre désir d’écrire. Vient le « pendant », temps de l’écriture elle-même, avec ses moments de joie, mais aussi celle des blocages, où rien ne vient, où vous doutez, où vous êtes tentés de tout recommencer alors que vous avez déjà des kilomètres de texte… Je rajouterais, l’« entre-deux », ces plages de temps hors écriture, où le cerveau est vacant. Ces moments sont très importants, car étonnamment, ce vide favorise l’inspiration et les déblocages. L’« après » est un soulagement, une délivrance. Le mot fin à peine posé sur le manuscrit, vous vous enthousiasmez déjà à l’idée d’écrire un prochain livre.

L’histoire comporte-t-elle des éléments autobiographiques ?

Rien d’autobiographique dans ce roman, pour autant, les personnages ne sont pas apparus ex-nihilo. Pour l’écrire, je me suis inspirée tant sur le souvenir de lieux que d’éléments psychologiques communs ou approchants de personnes réelles, ainsi que de mes propres expériences. Ce roman est une sorte d’opération magique, un mélange subtil d’éléments imaginaires et réels.

Pour vous, quel est le personnage principal de votre ouvrage ?

Lorsque j’ai amorcé l’écriture de ce roman, il devait être à un seul personnage, donc cette question ne se posait pas. Lorsque la trame de l’histoire commença à se dessiner, deux autres protagonistes entrèrent en scène. C’est à ce moment là et au fur et à mesure que le récit avançait, que cette question de « personnage principal » se posa et devint un vrai casse tête. Les trois personnages (Matthias, Léonore et Henry) me semblaient occuper une place aussi importante l’un que l’autre, chacun devenant comme par un tour de passe-passe le personnage principal. Comment trancher quand il y en a toujours un pour éclipser l’autre ? Finalement, Léonore s’est imposée comme le personnage pivot, celui qui prenait en charge le destin des deux autres protagonistes.

Pourquoi avoir appelé votre livre L’Étrangère occidentale ?

La réponse se trouve dans le roman, je ne vais donc pas en dévoiler le sens. Je laisse le soin aux lecteurs (trices) de le découvrir.

Quelle(s) difficulté(s) avez-vous rencontrées pendant l’écriture de ce livre ? Comment les avez-vous surmontées ?

Il s’agit d’un roman historique. La question de la vraisemblance était donc essentielle. Rechercher des documents (archives, articles, témoignages) permettant d’éclairer le contexte historique d’une époque est assez contraignant, cela demande une discipline accrue. S’ajoutait une difficulté inhérente à cette contextualisation : trouver le moyen d’inscrire la petite histoire dans la grande. Les aspects syntaxiques propres à l’acte d’écrire furent aussi des difficultés à surmonter. Quant à se mettre à la table le matin et constater en fin de journée que vous avez fait du sur place, ces passages obligés sont des moments très frustrants.
Comment ai-je surmonté ces difficultés ? En remettant avec constance l’ouvrage sur le métier, en ne sacrifiant rien aux exigences que je m’étais fixées dès les premières lignes et en apprenant et cultivant la patience.

Votre livre a été publié aux Éditions Abordables. Comment trouvez-vous leur approche ?

Les Éditions Abordables travaillent dans le souci de se développer avec humilité et détermination. L’Internet apporte un vrai plus à sa croissance et lui permet de se faire connaître plus rapidement et plus efficacement. Le premier contact entre l’éditeur et les auteurs confirmés ou non, s’établit dans une volonté de proximité qui se prolonge au-delà de la première rencontre.
Les soirées « Le goût des livres » apportent une dynamique supplémentaire à cette toute jeune maison d’édition. Chaleureux, ces moments sont très appréciés tant des auteurs que du public.
Enfin, la création d’un prix littéraire témoigne d’une ambition de se hisser à la hauteur d’autres maisons d’éditions, sans chercher à les concurrencer. Cette démarche est aussi un moyen formidable pour encourager les auteurs et faire rayonner les Éditions abordables.

Qu’avez-vous écrit d’autre ? Avez-vous déjà un autre livre en projet ?

Comme je l’ai évoqué au tout début de l’interview, je me suis essayé à la poésie… ces poèmes dorment dans un classeur et c’est bien ainsi.
Par conséquent, « L’Étrangère occidentale » est mon premier roman.
Un autre est en cours d’écriture.

L'Étrangère Occidentale
Lou d'Esterny

Léonore, ex-violoncelliste, rencontre Henry dans les années 80 à Berlin-Est alors que tous deux poursuivent leurs études musicales. En janvier 1983, durant la dictature communiste d’avant la chute du mur, ils sont brutalement séparés pour d’obscures raisons.

Des années plus tard, c’est en trouvant un carton d’invitation pour le Festival International d’orgue à Chartres, dans la chambre de son fils Matthias, qu’elle remontera le fil de l’histoire. Elle aura enfin, l’explication sur les causes de la disparition d’Henry, deux jours avant qu’elle soit elle-même extradée de RDA.

Un roman captivant et plein de délicatesse, qui nous fait participer avec intensité à la renaissance du cœur, après une époque troublée.

par Stéphanie
Passionnée des arts : cinéma, théâtre et bien sûr littérature... J'ai le plaisir de vous accueillir dans ma maison. J'espère que vous vous y plairez. Je vous souhaite une excellente visite et n'hésitez pas à me laisser des petits messages.

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